lundi 9 juin 2014

Durée de transit des aliments dans l'estomac

Depuis que je consomme une alimentation plus en accord avec les lois de la physiologie humaine, j'ai faim plus souvent. Je mange donc plus souvent. Pas par gourmandise, mais par besoin. Cela ne me dérange en rien, notez, car j'ai cessé depuis longtemps de culpabiliser de ne pas "tenir jusqu'à midi" après mon petit-déjeuner de fruits. Remanger des fruits en en-cas à la maison, emporter des bananes au bureau, franchement c'est facile !

Ça m'a fait m'interroger sur la rigidité de nos "horaires" de repas. Je trouve ça totalement non physiologique, et ça devient carrément de la torture qu'on inflige à nos organismes quand on doit s'y plier par convention sociale. Qu'il faille attendre parce que "ce n'est pas encore l'heure", alors qu'on crève de faim, ou qu'on doive passer à table parce que "c'est l'heure", alors qu'on ne ressent pas le besoin de manger, c'est une manifestation de plus de la maladie de notre civilisation.

Cela dit, à la maison, nous respectons des horaires au moins pour le dîner. Mais si avant les enfants ont mangé plein de fruits parce qu'ils avaient faim, ça ne me dérange pas. Je préfère 100 fois qu'ils se nourrissent de fruits et de noix que de se jeter sur le riz du dîner qui n'est là que pour "remplir" quand on a encore faim après les légumes et les salades. Je ne les empêche donc jamais de manger 3 bananes juste avant le repas s'ils en ont envie.

En m'intéressant à ce phénomène des horaires des repas, je repensais à nos repas d'avant, disons "conventionnels", avec des aliments cuits, une grande part de féculents, de l'huile etc. Je me souviens que je n'avais pas souvent faim. Envie de manger, oui, mais c'est différent. Je passais à table parce que c'était l'heure, parce que c'est sympa d'être tous ensemble autour de la table, et parce que c'était notre rythme de vie. Mais mon ressenti dans mes entrailles : que dalle. J'étais bien incapable d'y accéder, il était anesthésié.
Et je m'entendais souvent répondre aux mousses : "Attends encore un peu, ça n'est pas prêt". Ou bien : "Arrête de grignoter, tu ne vas plus rien manger à table !".

Depuis que je mange cru (à 85%), je ressens bien mieux mes besoins alimentaires (qui sont totalement différents des compulsions ou même des "envies" en voyant tel produit).

Je savais déjà qu'un aliment cru se digère plus facilement qu'un aliment cuit, car il apporte avec lui des enzymes qui, en quelque sorte, font une partie du travail digestif à la place de nos propres enzymes digestives.
Et puis j'ai eu envie de savoir le temps que passait chaque aliment dans l'estomac. Voici le tableau qui en est sorti :


Aliments
Le temps passé dans l'estomac
Eau
0
Jus
15-20 min
Pastèque et melon
20-30 min
Agrumes et raisin
30 min
Autres fruits
40 min
Feuilles vertes et légumes crus
30-40 min
Légumes cuits à la vapeur
40-45 min
Légumes racines (carotte, betterave, navet...)
50 min
Pommes de terre, patate douce vapeur
60 min
Céréales sans gluten (riz, millet, sarrasin, maïs, avoine...)
90 min
Légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots...)
90 min
Graines et noix
120 min
Produits laitiers faibles en gras
90 min
Fromage au lait entier
120 min
Fromage au lait entier à pâte dure
4-5 heures
Œuf (cuit)
45 min
Poisson (cuit)
45 min
Poulet (cuit)
90-120 min
Bœuf (cuit)
3-4 heures
Porc (cuit)
4-5 heures

On constate que plus l'aliment est chargé en eau (naturellement contenue, pas issue d'un ajout lors de la préparation), moins il passe de temps dans l'estomac. Autrement dit, plus il sera rapidement digéré, et donc assimilé par l'organisme. Et qui dit assimilation (au niveau du grêle et du colon), dit apport et absorption par les cellules qui composent notre organisme : c'est LÀ que se situe la véritable nutrition.
On voit également dans ce tableau que plus on descend, plus les aliments sont cuits : normal, la cuisson dessèche l'aliment, le prive de son humidité naturelle. Sans parler du génocide qu'elle fait sur les enzymes !

Il faut savoir aussi que l'ordre dans lequel on mange les aliments a un impact sur le temps qu'ils passent dans l'estomac. En effet, manger la salade après avoir ingéré un plat de pâtes-bolognaise par exemple, repoussera la digestion de la salade après celle des pâtes. C'est pour cette raison que l'on ne devrait jamais manger les fruits en fin de repas (j'en parlais déjà ici).
De même, plus on fera de mélanges, donc de recettes, de cuisine, de préparation, plus le transit des aliments dans l'estomac sera long, et plus longue sera l'assimilation des nutriments.

(photo : Takaya)


Bref, manger vivant et simple, c'est ne plus avoir l'estomac plein pendant des heures. Ça ne veut pas dire avoir faim 40 minutes après avoir mangé des fruits, car le processus de digestion se poursuit après l'estomac, mais ça veut dire ne plus vivre ces lourdeurs d'estomac et ne plus avoir le ventre gonflé par les prises alimentaires qui y stagnent des heures.

Et en gros, ça permet de savoir à quelle heure on peut se remettre à table ;o)

Caroline

PS : Je ne l'ai pas fait figurer dans ce tableau, mais j'ai trouvé qu'une sardine à l'huile reste... entre 8 et 9 heures dans l'estomac ! Imaginez : vous mangez une (ou plusieurs, ce qui allonge le temps) sardine à l'huile à midi pour le déjeuner, et à 20h quand vous vous remettez à table, elle y est toujours !!

5 commentaires :

Anonyme a dit…

déjà,j'adore ton blog!!!! :)

une question: est ce que tes enfants sont, malgré tes explications sur le bien fondé de l'alimentation physiologique, attiré par les glaces, bonbons... et toutes les cochonneries industrielles!!!??? et comment réagis tu dans ce cas??? mes enfants ont encore du mal parfois à se défaire de ces mauvaises habitudes alimentaires!!
merci d'avance

Anonyme a dit…

déjà,j'adore ton blog!!!! :)

une question: est ce que tes enfants sont, malgré tes explications sur le bien fondé de l'alimentation physiologique, attiré par les glaces, bonbons... et toutes les cochonneries industrielles!!!??? et comment réagis tu dans ce cas??? mes enfants ont encore du mal parfois à se défaire de ces mauvaises habitudes alimentaires!!
merci d'avance

Caroline Despetiteschoses a dit…

Bonjour,
Alors pour les cochonneries industrielles, ça fait un an que les enfants n'en ont pas mangé du tout. Au départ, Mathurin n'avait jamais été attiré par les bonbons etc donc pour lui ça a été facile. Par contre Eugénie... Il y a donc eu une période de sevrage. Et moins elle en mangeait, plus elle était malade quand elle en prenait même un seul. Alors naturellement, elle a fini par ne plus en vouloir du tout. Et maintenant elle va à des fêtes sans manger un seul bonbon ni cupcake, maintenant elle dit non merci quand on lui propose ce genre de choses. Comme quoi c'est possible. Je publierai prochainement un post sur l'addiction, justement.
Merci pour ton passage !

Maryline Lacerda a dit…

merci beaucoup d'avoir répondu à mes questions. je m'inspire beaucoup de ton blog pour nos chgts alimentaires et autres. J'avoue que je passe parfois pour une illuminée notamment aux repas de famille où là, les tentations pour les enfants sont plus importantes! Mais nous sommes quand même responsables de nos enfants! ce qui passe dans notre organisme n'est pas anodin!! on me dit souvent: "oh ce n'est pas pour une fois!" et bien si, car si c'est une fois, ce sera deux.... et mes enfants auront du mal à se défaire de toutes ces cochonneries!!! merci ;)

Caroline Despetiteschoses a dit…

Mayline, tu as dit "Mais nous sommes quand même responsables de nos enfants! " et tout est dit.
Bravo pour ton chemin et ta détermination !