jeudi 19 décembre 2013

Vous avez dit "maladies psychosomatiques" ?

J'ai longtemps usé et abusé de ce terme : "c'est psychosomatique". Mal au ventre ? C'est dans la tête. Une série de sinusites dont je n'arrive pas à sortir ? C'est le stress. Je tombe malade avant tel évènement ? C'est psy-cho-so-ma-tique.
Le mot magique qui, en fait, déculpabilise bien, et surtout déresponsabilise totalement la personne souffrante : y a rien à faire, puisque c'est dans la tête ! Y a rien à faire, puisque c'est lié au choc émotionnel que tu as vécu à 2 ans et demi et qui t'a traumatisé !

(Kawanabe Kyosai)

Or, depuis que je fais mes recherches en matière d'alimentation vraiment adaptée à l'espèce humaine, et que je m'intéresse plus particulièrement à notre intestin, je comprends mieux les phénomènes et notamment que le lien existe réellement entre la physiologie et la psychologie, mais pas dans le sens que l'on croit...

La petite étincelle qui m'a ouvert les yeux, c'est quand Irène Grosjean a dit qu'il n'existait pas de "maladies psychosomatiques", mais uniquement des "maladies somatopsychiques". Cela revient à dire que tous les troubles dits "psychiques" ou "du comportement" sont en fait des troubles digestifs.

Vous allez me dire : "Quoi, tu veux me faire croire que ma dépression due à mon énorme choc émotionnel vécu à tel ou tel âge est en fait un problème digestif ? Mais tu es en train de nier totalement mon chagrin, là, c'est un manque de respect pour ce que j'ai vécu, j'aurais bien aimé t'y voir etc etc".
Non, je ne nie pas les difficultés que nous apporte la vie. Mais je redis (je l'avais déjà dit ici) que notre faculté d'y répondre dépend... de l'état de nos intestins. Donc du contenu de notre assiette.

Il faut d'abord comprendre que la majeure partie des neurotransmetteurs (dont l'acéthyl-choline, la sérotonine, la dopamine, ou la norépinéphrine) est produite dans l'intestin. Plus de 95% de la sérotonine par exemple est synthétisée par et stockée dans l'intestin. Pas dans le cerveau*. Quand on sait que ce neurotransmetteur a un impact déterminant sur l'humeur on comprend le rôle de notre intestin sur notre bien-être et donc les maladies d'origine "psy".

De plus, le cerveau est relié à l'intestin par le nerf vague. Mais comme le dit Gershon : "Le cerveau reçoit bien plus d'informations de l'intestin qu'il n'en envoie". En effet, 80% des échanges entre ces deux organes se font dans le sens intestin --> cerveau ! On peut donc dire que c'est l'état de notre intestin qui contrôle notre cerveau, et que nos émotions ne viennent pas de la boîte crânienne mais de nos tripes.

Interviennent également dans l'histoire les toxines.
La vie se charge de nous apporter nombre de difficultés et de traumatismes qui sont producteurs de toxines dans notre organisme. On a du mal à se figurer un événement comme producteur de toxines physiques, que l'on peut observer au microscope, mais c'est pourtant le cas : un événement heureux sera alcalinisant pour le corps (son vécu entraînera des processus chimiques alcalinisants), alors qu'un événement difficile ou un stress sera acidifiant (son vécu sera producteur de processus acidifiants, lesquels engendrent des toxines, donc des déchets).
Ces toxines issues de traumatismes, de chocs émotionnels, de chagrins, de stress, ont beaucoup de mal à être éliminées par l'intestin s'il est plein de cette colle résiduelle de notre consommation de gluten : elles y restent piégées. Autrement dit, notre mémoire émotionnelle est imprimée dans notre terrain physiologique.

Que faut-il alors soigner ? La part émotionnelle en allant ressasser chez le psy ? Ou le terrain lui-même ?
Le psy n'intervient pas sur notre physiologie. Au mieux, parler soulagera. Mais au final, la mémoire émotionnelle imprégnée dans notre intestin (et dans nos cellules pour les toxines qui auront migré par la porosité intestinale) sera toujours là. Et continuera de nous perturber, de nous "faire tomber malade".

Une toxine produite par une émotion se comporte exactement de la même manière qu'une toxine apportée par l'alimentation : elle pollue, elle encrasse. L'organisme tente donc de l'éliminer par les émonctoires principaux (intestin, reins), mais s'ils sont engorgés (ce qui est presque tout le temps le cas, rappelez-vous la colle qui encombre l'intestin), il faut trouver d'autres issues. La peau, les muqueuses, ou n'importe quel organe. Or un organe qui est saturé par les toxines est un organe qui tombe "malade". D'où l'erreur d'interprétation : "J'ai de l'eczéma à cause de mon gros chagrin, c'est psychosomatique". Ce serait plutôt : "Je n'arrive pas à me relever de mon gros chagrin à cause de l'état de mes intestins et l'eczéma en est un symptôme".

Le vrai problème, vous l'aurez compris, est intestinal. Pas dans la tête, parce que si l'intestin fonctionne bien, la tête fonctionne bien. Plus l'intestin est encombré de colles, plus il est perméable (et laisse donc passer les toxines qui vont se loger là où elles n'ont rien à faire, à savoir sur les cellules de tel ou tel organe), plus les émotions difficiles que nous envoie la vie sont mal vécues et plus notre capacité à y faire face est faible, et plus notre corps physique trinque.

Dans les maladies "somatopsychiques", j'inclus tous les bobos qui font suite à un stress ou une contrariété, mais aussi la dépression, les TOC, les angoisses, les troubles du comportement, et que sais-je encore...
Les recherches vont même bien plus loin et parlent des maladies lourdes comme l'autisme, la bipolarité, Alzheimer etc... **

Je pense donc qu'une alimentation physiologique, qui tend le plus possible vers l'alcalinisation (fruits, feuilles vertes, légumes avec une grande part de cru afin de ne pas dénaturer les aliments, oléagineux), rejetant les toxiques (gluten, produits laitiers, sucre, produits transformés, excitants), est le seul et unique remède à nos troubles "psychosomatiques". Qu'il s'agisse du stress de la vie quotidienne ou d'un traumatisme ancien, nettoyer tout ce qui maintient cette mémoire émotionnelle en nous ne peut que conduire à la libération.

Concrètement parlant, il faut savoir que nettoyer son intestin va forcément réveiller des émotions enfouies. Réveiller des vieux démons dont on ne voulait plus entendre parler, mais qu'on gardait en soi, jusque dans les cellules de nos organes. Inutile d'y mettre des noms, laissons-les sortir, accompagnons-les, car une fois les toxines-mémoires sorties, tout cela sera enfin du passé.
Mathurin a récemment traversé une crise de guérison pas très confortable, avec des manifestations physiologiques, mais aussi émotionnelles. Il était d'une humeur de chien, ce qui ne lui ressemble pas lui qui est toujours de bonne humeur et prêt à calmer le jeu dans les conflits. Pas très sympa à vivre, mais bon, c'est le prix à payer pour se libérer de cette mémoire émotionnelle. Je n'ai pas cherché à trouver l'événement antérieur qui aurait généré ces toxines, ça aurait servi à quoi ? Il était de mauvais poil, eh bien voilà, c'est tout. Je savais que ça ne durerait pas. Et bien sûr, je l'ai accompagné en lui expliquant tout ça.
Pas la peine de disséquer la situation pour rationaliser la chose, il vaut mieux boire beaucoup et se reposer !

Eat well, feel well !

Caroline


* Cf les travaux de Michael Gershon sur les neuromédiateurs. Livre : "The second brain".

** Je vous conseille vivement le reportage suivant : "Le jeûne, une nouvelle thérapie"
Sachant que le jeûne consiste à libérer les toxines enfouies et à les éliminer pour de vrai, je trouve l'approche très intéressante pour les cas lourds. Voyez à partir de la minute 12 les cas de maladies mentales traitées par le jeûne.


Edit : Cette vidéo ayant été supprimée par l'auteur, voici 2 liens où vous pourrez la voir :
http://www.youtube.com/watch?v=wDYccKMugEc
http://www.youtube.com/watch?v=DZnG4aPnyJo
J'espère qu'il y aura au moins un des deux qui marchera !

14 commentaires :

Jeluga a dit…

Très intéressant cet article Caroline! L'accès à la vidéo est supprimé par l'auteur? Dommage...

Anonyme a dit…

Bonjour,

Merci pour cet éclairage fort intéressant!
C'est drôle parce qu'il arrive pile au moment ou, pour la première fois, j'ai déclaré un exéma suite à un projet qui s'est très mal déroulé.

La vidéo a été supprimée, elle est dispo ici:
http://www.youtube.com/watch?v=DZnG4aPnyJo

Caroline Despetiteschoses a dit…

Mince, oui, la vidéo a été supprimée... Le commentaire ci-dessous donne un lien, et j'en ai trouvé un autre (même documentaire) :http://www.youtube.com/watch?v=wDYccKMugEc

Caroline Despetiteschoses a dit…

Merci pour le lien. J'ai vraiment trouvé cette vidéo intéressante et éclairante sur les processus de nettoyage des toxines.

Anonyme a dit…

Merci à nouveau pour cet article passionnant. Moi aussi, j'ai tendance à accuser le psy lors de manifestations physiques, je vais revoir ma copie ! Par contre, je suis convaincue de l'influence de l'alimentation sur beaucoup de maux actuels
Si jamais tu en sais quelquechose sur le syndrome de Morton, cela m'interresse pour mon mari qui est bien handicapé (pourtant il mange sans gluten depuis 7 ans !!!)
Je te souhaite d'heureuses fêtes de Noël (japonaises ?) et merci encore pour tous tes partages et infos
Nicmo

Anonyme a dit…

Merci pour cet article très intéressant. J'ai découvert ton blog il y a quelques semaines et tous tes articles m'ont ouvert les yeux. Je savais déjà vaguement que l'intestin était important pour nous mais pas à ce point. Merci encore pour toutes ces infos qui je l'espère vont me permettre de faire mon chemin vers une meilleure santé.
De très bonnes fêtes à toi et à ta famille.
Chris

Caroline Despetiteschoses a dit…

Tout le temps chercher une cause psy à nos maux (ce que je faisais avant également) c'est vraiment se masturber les méninges... Se faire plaisir parce qu'on a l'impression de maîtriser quelque chose alors que c'est illusoire : la guérison viendra de l'intestin (et donc de l'assiette) et non de la dissécation mentale du problème.
Mais cette dissécation mentale rend sans doute intelligent ;o)
Pour ton mari, je ne m'avancerai pas à dire quoi que ce soit... je ne connais pas du tout ce syndrome...
Passe toi aussi de bonnes fêtes de fin d'année !

Caroline Despetiteschoses a dit…

Alors pour ces fêtes de fin d'année, je te souhaite d'avancer sur ce chemin et de voir, progressivement, ta santé s'améliorer ! Santé physique et santé spirituelle, car la seconde suit inéluctablement et c'est merveilleux...
Joyeux Noël !

peuventilssouffrir a dit…

Super intéressant !
J'avais vu un reportage sur la théorie de l'origine bactérienne (dans le système digestif) de l'autisme. Ça m'avait beaucoup interpellée.
Mais je trouve tout ça plutôt logique en fin de compte.
Vraiment une piste à suivre en tout cas !

Caroline Despetiteschoses a dit…

Oui oui, une piste à suivre, si les gens le voulaient bien... Et pas que pour l'autisme... Enfin bon, on ne peut forcer personne, n'est-ce pas ?

cinnabar a dit…

Bonjour Caroline
je découvre votre blog très interressant,et je lis les articles au hasard.
très bon documentaire,le jeûne une nouvelle thérapie.on peut également écouter 2 émissions sur France culture:
http://www.franceculture.fr/oeuvre-le-jeune-une-nouvelle-therapie-de-thierry-de-lestrade
je pratique le jeûne depuis plusieurs années.environ 1s/an,cela fait parti maintenant de mon hygiène de vie.

Caroline Despetiteschoses a dit…

Merci Cinnabar.
Je n'ai personnellement jamais essayé le jeûne, mais je suis convaincue que cela peut faire beaucoup de bien quand on va mal.

cinnabar a dit…

le jeûne est bénéfique même quand on va bien!
si vous avez le temps,lisez ceci:
http://www.croisadepourlasante.org

Caroline Despetiteschoses a dit…

En fait oui, je suis certaine que c'est excellent pour tout le monde, même en bonne santé !
Je connais Bernard Clavière pour le psyllium, ainsi que le titre de son livre, mais je ne l'ai pas lu. À mettre sur ma liste de livre à lire, merci !