jeudi 24 avril 2014

L'hygiénisme

(photo : Takaya)


L'hygiénisme est une pratique qui vise à promouvoir la santé dans le respect des lois de la nature. La maladie n'est autre que la manifestation de la négligence de ces lois.

Contrairement à la médecine, l'hygiénisme ne cherche pas à pallier une déficience mais à rétablir les fonctions vitales en supprimant ce qui les entrave, en supprimant tout ce qui empêche l'organisme de fonctionner normalement (normalement = à son meilleur rendement).

Ces empêcheurs, ce sont les toxines.
Même l'organisme le plus sain produit des toxines, c'est inhérent au processus de la vie (car une cellule qui s'est nourrie doit obligatoirement éliminer, et ces éliminations sont des déchets, donc des toxines à évacuer). Mais tant que la quantité de toxines reste inférieure à la capacité d'élimination (= émonctorielle) du corps, tout va bien, il n'y a pas d'encrassage.
Par contre, dès que cette quantité de toxines augmente et dépasse le seuil d'élimination, il se produit littéralement une étouffement des cellules par leurs propres déchets, et c'est l'apparition de la maladie (au sens large, de la petite rougeur jusqu'au cas le plus grave, en passant par les douleurs variées).


Dans la perpective hygiéniste, les symptômes de la maladie ne sont que des manifestations de la toxémie. Aussi, plutôt que d'avoir recours à des médicaments qui vont faire taire le symptôme - et donc cacher le véritable problème - on va chercher à débarrasser le corps de ce qui l'entrave et l'empêche de fonctionner normalement : on va le nettoyer de ses toxines.

Et ça, je trouve que c'est vraiment chouette comme nouvelle. Ça nous dit que la maladie n'est pas une fatalité. Si on accepte de nettoyer son corps des toxines qui en étouffent certains organes plus ou moins ciblés selon les cas, alors on recouvre la santé.

Vous allez me dire... oui mais... et les maladies génétiques ? On n'y peut rien, on est né comme ça, on est prédéterminé...
Il est vrai qu'on hérite du terrain plus ou moins toxique de nos parents (ceci dit sans jugement de valeur morale soyons clairs ! Je parle de toxémie physiologique !). Mais il y a plus fort que la génétique : l'épigénétique !!!

L'épigénétique est "l'ensemble des mécanismes moléculaires ayant lieu au niveau génome et de la régulation de l'expression des gènes qui peuvent être influencés par l'environnement et l'histoire individuelle ainsi qu'être potentiellement transmissibles d'une génération à l'autre, sans altération des séquences nucléotidiques (ADN), et avec un caractère réversible (Wikipédia, et c'est moi qui souligne).

Et ÇA, c'est une super bonne nouvelle !! On peut agir sur la génétique via l'environnement et les conditions de vie !!
Alors certes, on est "né comme ça", mais désormais, on sait qu'on peut agir sur ce "comme ça". On n'a plus à subir toute sa vie des données de base qui sont faibles, carencées, ou même anormales. On peut littéralement faire en sorte que les gènes se comportent autrement si on change leur contexte, et ce qui fonctionnait mal se met à fonctionner normalement, se régénère.

Ce contexte, c'est notre hygiène de vie. L'hygiénisme met en avant 3 données principales qui sont : une alimentation physiologique (adaptée à l'espèce humaine), un sommeil physiologique (respectant le soleil), et l'activité physiologique (ni intense, ni inexistante).

En ce qui concerne plus particulièrement l'alimentation, Albert Mosseri (hygiéniste) la définit comme telle : pas de céréales, très peu de produits animaux, pas du tout de sel, d'épices fortes, d'alcool, et donc uniquement des fruits, des légumes, des feuilles vertes et des noix. En gros : tout ce qui se cueille et se consomme directement sans avoir besoin de cuisson. On peut donc inclure un peu de chair animale, ça reste physiologique en petites quantités.

En dehors de cette alimentation physiologique, l'organisme peut survivre un temps, mais tombera "malade" au bout du compte. N'est-ce pas ce qui se vérifie jour après jour dans notre monde ?

Nous sommes ici bien au-delà d'une "théorie", d'un système élaboré par l'intellect. Nous sommes au contraire en plein dans le bon sens. En effet, manger ce que nous donne la nature (= cueillette) sans avoir à risquer notre vie (≠ chasse), et le manger tel qu'elle nous le donne (sans outil et sans cuisson), tombe vraiment sous le bon sens. Et il est également de bon sens d'en déduire que c'est ce qu'elle a prévu pour l'être humain et pour son bon fonctionnement physiologique.
De là, tout ce qui n'entre pas dans cette catégorie d'aliments, et tout ce qui requiert une cuisson (pire encore : tout ce qui a été transformé, additionné, trafiqué, stérilisé, raffiné etc, bref tout ce qui est issu du processus industriel) entrave le bon fonctionnement de l'organisme humain et mène à la maladie.

Il ne s'agit pas d'être "d'accord" ou "pas d'accord", puisqu'il s'agit d'une loi. C'est comme ça, point barre. On n'a plus à choisir une théorie de santé comme on choisit son camp politique ou son équipe de foot. Il n'y a plus qu'à accepter parce qu'il s'agit d'une loi naturelle universelle, qui vaut pour tous les humains.

Par contre, après, il a des choix : suivre ou ne pas suivre la loi - à des degrés divers et personnels. Par exemple, vous savez très bien que votre voiture roule à l'essence, c'est la loi du mode d'alimentation de votre voiture, mais vous avez parfaitement le droit de lui coller des bananes dans le réservoir. À vous d'en assumer les conséquences (question de bon sens, non ?).
Ou encore, vous savez très bien que vous n'avez pas le droit de piquer dans les magasins, c'est la loi, mais vous avez le choix de respecter cette loi ou non, et encore une fois, d'en assumer les conséquences (encore une fois : le bon sens !).
Et je respecte tous les choix, c'est une affaire personnelle, on a tous nos raisons de choisir tel ou tel comportement.

Bon, il y a aussi ceux qui ne connaissent pas la loi. Il y a quelques années, la nutrition était vraiment le cadet de mes soucis, ça ne m'intéressait pas du tout, et je n'avais pas du tout conscience d'enfreindre une loi universelle physiologique en me nourrissant de Nutella (si, je vous assure). C'est un autre cas de figure et je ne peux pas jeter la pierre à ces personnes puisque pas plus tard qu'il n'y a pas si longtemps que ça j'étais encore convaincue que mon pain au levain naturel fait maison avec de la farine de blé complet bio était bon pour la santé.

Il faut dire qu'avant de connaître l'hygiénisme, j'étais perdue au milieu de toutes les "idées", les "théories" disponibles. Par exemple, quand je me suis intéressée au cas des produits laitiers, j'ai lu des livres qui les décriaient, et qui affirmaient que le lait de soja est bien meilleur pour la santé. Plus tard j'ai croisé la route du cas du soja, et on m'a convaincue qu'il est un véritable poison à cause de toutes les purines qu'il contient et de son acide phytique. Oui mais encore plus tard quand je me suis tournée vers la "théorie" végane, les bouquins disaient que le tofu (à base de soja) est une panacée. Bien bien bien... Poursuivant mon chemin, je me penche enfin sur le sujet du gluten, on me conseille de remplacer la farine de blé par tout un mélange de farines, d'amidons, de gommes et que sais-je encore, et me rendre la vie encore plus compliquée... Parce que sur tel site on vous dit que les amidons sont nocifs, et dans tel livre on vous prouve que les gommes sont de dangereux additifs...

BASTA !!!
Je fais quoi, moi, de toutes ces théories, ces idées qui se veulent toutes en faveur de notre santé et qui finalement s'annulent les unes les autres ??? Eh bien je suis censée me faire ma petite opinion à moi, ma petite croyance personnelle. Au risque de me planter totalement et de devoir en faire les frais plus tard malade au fond de mon lit (ou pire).

Mais en fait, toutes ces propositions ne sont au fond que de théories élaborées par l'intellect (ex : l'être humain a besoin de calcium, or il y a beaucoup de calcium dans le lait de vache, donc l'être humain doit consommer du lait de vache) qui demandent ensuite une adhésion : être pour ou contre l'idée en question.
Alors que l'hygiénisme ne fait qu'énoncer une loi universelle à laquelle on n'a pas à adhérer ou non, puisque c'est comme ça et pas autrement. Le choix n'intervient qu'après.
L'hygiénisme ne fournit pas des études scientifiques selon des spécialités, des découpages analytiques, ni des résultats chiffrés. Et c'est tant mieux, parce que je n'en peux plus de ces théories. Je veux du bon sens et de l'expérimentation, de l'observation et des conclusions personnelles. On se prend trop la tête avec les spécialisations en matière de santé alors qu'il ne s'agit que d'une seule loi à énoncer et à suivre.

Alors :
 "Que ta nourriture soit ton remède 
et ton remède ta nourriture"
Hyppocrate, médecin grec (460 av. JC - 470 av. JC)

Caroline

6 commentaires :

Ingrid a dit…

J'ai parcouru tout ton blog hier soir avec beaucoup d'intérêt, j'apprécie tout particulièrement l'évolution familiale au fil des informations avec la capacité de se remettre en cause . Je te félicite aussi d'avoir su écouter tes enfants, c'est devenu plutôt rare de voir des adultes accepter que les enfants puissent nous enseigner des choses. J'ai la même approche que toi avec mes enfants, ils m'ont beaucoup appris et continue de beaucoup m'apprendre.
Merci pour cet article très intéressant sur l'hygiénisme. Je mange très majoritairement cru, des fruits, des légumes, des noix et oui, je l'avoue du chocolat cru mais aussi des céréales(riz, sarrasin, quinoa, châtaigne), j'ai vu de nettes améliorations dans certains domaines, par contre j'ai une très forte névralgie qui m'oblige à prendre des anti-douleurs, dont j'aimerais me débarrasser, ce sont des acides, et ces médicaments oxydent l'organisme. J'espérais que mon alimentation pourrait me soulager mais ce n'est pas le cas, j'aimerais connaître ton opinion , qu'est-ce que je pourrais améliorer pour me débarrasser de ces douleurs.
J'ai l'impression d'entretenir un cercle vicieux avec les médicaments, je mange le plus alcalin possible mais ils acidifient mon organisme. Je les prends avec beaucoup d'appréhension, j'ai plus l'impression de m'empoisonner. D'autant que je fais de plus en plus d'eczéma ces derniers temps, ça ressemble à une crise de guérison, phénomène que je comprends mieux depuis que j'ai lu tes articles à ce sujet.

Caroline Despetiteschoses a dit…

Bonjour Ingrid,
En ce qui concerne tes névralgies, il est certain que les médicaments ne font que masquer le symptôme. Une chose à faire, selon moi, serait de les arrêter et d'accepter la douleur, le temps que les toxines partent (combien de temps ????). C'est une décision TRES difficile à faire, que toi seule peux faire, et n'oublie pas que je ne suis ni médecin ni naturopathe. C'est seulement mon opinion, de l'extérieur.
Peux-tu commencer par les diminuer ? Je vois que tu as conscience de leur effet acidifiant.

Une autre piste, qui permettrait de ne pas arrêter les médicaments d'un coup : essayer pendant 3 semaines de ne plus consommer de céréales du tout (remplace par les pommes de terre, des légumes, et continue les châtaignes car ce ne sont pas des céréales), et d'arrêter le chocolat même cru, car il reste un excitant. La névralgie implique le système nerveux, et le chocolat est un excitant du système nerveux. Tes glandes surrénales sont certainement à plat (d'où ce besoin de stimulation par le chocolat), et ça se recharge avec des fruits (et en arrêtant les excitants évidemment).

Voilà, des idées auxquelles je pense, des pistes. En tout cas ce que tu fais est déjà super bien, le chemin est bien entamé. Mais combien de temps va-t-il durer ?...
Bon courage !

Ingrid a dit…

Combien de temps , je ne sais pas mais ça fait plusieurs années que le chemin vers le cru à commencer, je mange à 80% cru depuis 3 ans et je n'ai pas envie d'arrêter, j'aime les fruits et les légumes crus, cuits, je trouve qu'ils n'ont plus aucun goût.
Merci pour tes conseils, c'est marrant mais intuitivement j'avais envie d'arrêter les médicaments, je sais qu'ils ne font que masquer plus ou moins un symptôme mais qu'ils ne règlent pas du tout le pb. Je les ai nettement diminué et j'ai carrément refusé certains dont les effets secondaires étaient plus longs que le bras.
Pour le chocolat, ça va pas être simple, j'adore ça et effectivement j'en ressens l'effet stimulant. L'arrêt du café a déjà été une très grande avancée pour moi, au départ, je ne pensais pas y arriver, j'ai dû m'y reprendre à plusieurs fois.
N'empêche , en y réfléchissant, je me demande si cette douleur n'est pas une crise d'élimination, elle a commencé un an après avoir commencé le cru, et ça fait 3 ans que j'ai mal.
En tout cas, merci de tes conseils qui m'aident énormément.

Caroline Despetiteschoses a dit…

Ingrid, tu veux dire que tes névralgies ont commencé quand tu as commencé le cru ? Alors je dirais que ce sont des acides que tu as délogés mais pas éliminés, et qui sont allés se mettre sur les nerfs. Tu devais certainement avoir des glandes surrénales faibles avant, et donc le système nerveux ne s'en sort pas ?
Le chocolat n'est qu'un coup de fouet sur une monture épuisée, ça n'est pas une solution...
N'oublie pas de travailler sur tes émonctoires pour aider la sortie des acides.
Et encore une fois, bravo pour ce que tu fais déjà !

Fanny a dit…

Merci pour cet article qui, comme beaucoup d'autres sur ce blog, explique et relate clairement et naturellement ce que je ressens. Avec un temps de décalage par rapport à toi bien sûr, puisque j'ai découvert cette démarche il n'y a que quelques mois seulement. C'est une expérience vraiment intéressante mais complexe malgré tout, le temps d'assimiler tout ça... Ca rassure de se dire : on m'a caché cette loi pendant tout ce temps mais mon chemin m'a mis sur la voie avant qu'il ne soit trop tard ! Mais après ça il faut remettre d'aplomb tous les déséquilibres causés par les années de méconnaissance... Et ça bouscule ! (pourtant je n'en ai que 28...)Je pense qu'il est important d'y aller petit à petit et ne pas changer du jour au lendemain, sinon ça bouscule encore plus !! Même si c'est long, même si on fait des craquages, même si on est pas au tout cru, tout fruits/légumes, ou sans ceci ou sans cela direct, je pense que quand ça a fait "TILT" là-haut, c'est gagné. On se met tranquillement sur le chemin, et on se régénère/rééquilibre paisiblement, on a tout le temps maintenant, puisqu'on est sur la bonne pente ! C'est surtout quand on est sur la mauvaise pente qu'il est important de freiner le plus tot possible !
Bon bah voilà une petite bafouille, qui est sortie toute seule, inspirée par ce joli blog plein d'énergie positive pour les jours ou c'est plus difficile... :)
Merci, Fanny.

Caroline Despetiteschoses a dit…

Merci Fanny pour ta petite bafouille ;o)
Je crois comme toi qu'on a beau lire des théories, avec preuves scientifiques etc, tant que ça n'a pas fait tilt ça ne mène pas loin. J'avais lu et relu sur le gluten. et pourtant je continuais à faire mon pain au levain, parce qu'il manquait le tilt dont tu parles. Je n'étais pas encore prête...
Et un jour, pourquoi comment je n'en sais rien, j'ai vraiment INTÉGRÉ que le gluten était dangereux, et ça a été le début d'une nouvelle vie pour ma famille.
Le gluten n'étant qu'un exemple parmi d'autres !
À bientôt.